En arpentant les rues étroites de la vieille ville de sana'a, j'ai toujours été intriguée par des fontaines, toujours en usage. On les appelle Sabil. En pierre ou en plastique, anciennes ou modernes, elles sont toujours remplies d'eau fraîche avec une tasse accrochée par une chaîne. Le passant assoiffé s'arrête, se sert une tasse d'eau, la boit et poursuit son chemin. On a souvent soif à Sana'a en raison de la sécheresse du climat et de l'altitude de la ville (2300 Mètres).
J'ai longtemps cru ces réservoirs d'eau publics, entretenus par un service de la ville jusqu'à ce que j'apprenne que ce sont les propriétaires des maisons sur lesquelles ils sont accrochés qui les ont offerts au passant, qui les entretiennent et les remplissent chaque jour. Cette gentillesse vis à vis du passant est une manifestation un peu éloignée du troisième pilier de l'Islam : l'aumône faite aux pauvres, la zaka. Tout bon musulman offre une partie de ses richesses aux pauvres car Allah a dit : « et toute richesse que vous faites « dans le bien » Il la remplace , et c'est Lui le Meilleur des donateurs » 34/39.
Donner à boire est une façon de partager ce que l'on a, de faire une bonne action. Cette tradition est bien vivante aussi dans la ville moderne où on retrouve des « Sabil » un peu partout et notamment près des mosquées.
Brigitte, Sana'a
mai 2009
Commentaires
Poster un nouveau commentaire