Après quelques mois au Yémen, nous avons été invités à un mariage. Il s'agissait du cousin du frère d'un ami d'une connaissance, autant dire un proche ! Nous nous sommes rendus à l'heure convenue à l'hotel où se déroulait la cérémonie. Le mouton attendait dans le camion devant l'entrée. Probablement un cadeau.
A l'étage, une montagne de chaussures nous accueille devant la porte de la salle des hommes. A l'intérieur, une centaine d'hommes en jupe traditionnelle, le couteau recourbé attaché à la ceinture, assis ou allongés sur les canapés à même le sol. Ils discutent tranquillement, en machant du qat, la chique locale. Nous nous installons, sur un signe de la main, à côté du patriarche, qui nous explique les histoires des familles, nous présente au marié, vétu d'une djellaba magnifique.
L'ambiance est détendue, mais tout d'un coup, les gens se lèvent et se pressent contre la sortie. Un peu inquiets, on nous fait comprendre que le repas est servi sur la terrasse à l'étage supérieur. Dans la précipitation, mes chaussures ont disparu. J'en profite pour chausser une paire qui semble attendre son propriétaire et file sur le toit. A l'accoutumée, tout le monde s'installe sur le sol, autour des nappes pleines de nourritures, riz parfumé, poulet aux épices, raisins... Et le silence se fait pendant que les invités mangent à pleines mains.
Une fois repus, les convives redescendent, et nous les suivons. Mais surprise, ils ne reviennent pas dans la salle mais s'en vont vraiment. La cérémonie est terminée, le mariage aura lieu en plus petit comité. Merci d'être venus !
Nous retrouvons une amie qui a passé la cérémonie avec les femmes. Elles ont pu enlever leur voile intégral entre elles, mais n'ont eu le droit qu'à quelques biscuits.
Plus tard, le marié viendra chercher sa femme, seule à montrer son visage ( qu'il n'a en théorie jamais vu même si cela reste aujourd'hui une exception) au milieu des femmes de nouveau voilées.
Damien, Taez
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