Un nombre incroyable de vielles caisses américaines hantent les rues de la ville, toutes plus belles et déglinguées les unes que les autres. Marcher sur ces trottoirs nécessite une attention de tous les instants pour ne pas trébucher (dalles décalées, trous béants...), surtout si on veut regarder les murs ornés de graffitis politiques, dont une bonne partie à l´image d´Hugo Chavez. Des poteaux électriques s´élancent et des centaines de fils s'y accrochent pour se croiser dans le ciel comme des toiles d´araignée sans cohésion.
Nous partons explorer la ville, côté historique. Nous sommes en fin de matinée, la population a déjà abandonné les rues brûlantes de ville pour les laisser aux quelques touristes, seules personnes capables de braver les ardeurs du soleil de midi pour admirer quelques bâtisses coloniales laissées par la toute puissante couronne d´Espagne. Nous passerons évidemment par la place Simon Bolivar avant que nos errances et un dernier brin de lucidité ne nous emmènent à l'ombre des arbres du jardin botanique.
La chaleur retombe enfin, nous regagnons notre hôtel, sur le chemin nous passons par un cimetière, nous y verrons quelques tombes aux noms bien corses. D´ailleurs ce ne sont pas les seules traces que la diaspora corse a laissé au pays, nous trouvons aussi sur les stands de souvenirs des portes-bonheurs qui ressemblent étrangement à ceux de l´île de beauté: un poing fermé avec le pouce sortant entre l´index et le majeur, mais apparemment les vénézuéliens qui les vendent parmi d´autres biblos en ignorent l´origine. Tout s´explique lorsque l´on sait que beaucoup de corses se sont installés au Venezuela et que deux anciens présidents du pays étaient corses.
Ciudad Bolivar, juin 2008
http://tour-du-monde-du-cafe.blogspot.com
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