Les traditions culinaires c'est bien connu, c'est une source de grande incompréhension entre les peuples. Il suffit de commander une Andouillette (France), de la Panse de brebis farcie (Ecosse) ou un aileron de requin pourri (Islande) pour s'en rendre compte.
Ici, je n'ai encore rien trouvé d'affreux (à part peut-être le groin du cochon), mais ils ont aussi clairement leurs petites habitudes. Par exemple, ils adorent les barbecues, tous les week-ends tous les parcs de la ville sentent la saucisse (ils vendent même des kits barbecue prêt à l'emploi: déballer, allumer, manger... c'est assez impressionnant!). Oui mais quelle saucisse? Saucisse campagne? Chipolata? Merguez? Rien du tout! Le Cervelas, figurez-vous!
Enfin, aussi remarquable que leur engoûment pour cette cochonnerie est leur manière de la préparer: une véritable œuvre d'art! Là où le commun des mortels lacère sa saucisse tel un vulgaire tueur en série de série B , voire même la jette négligemment sur le feu et la laisse éclater style Elephant-man, le Suisse (à l'aide de son couteau de la même origine bien sûr) l'entaille soigneusement de deux croix sur chaque face plus une à chaque bout, et du coup la saucisse se déploye magnifiquement en cuisant. Bon, malheureusement, du cervelas artistique n'en devient pas nécessairement mangeable pour autant et on se demande un peu pourquoi ils se donnent tout ce mal...
PS: Et non, la photo ne dément pas mes propos: les saucisses du devant sont cettes d'un Argentin et celles du fond qui ont roulé dans la boue sont celles de Bardaf le Normand. La mienne, éclatée et cramée, est hors du champ.
Thierry Le Boulengé, sept. 2009
http://octopuswiss.blogspot.com
Photographie © Thierry Le Boulengé
Commentaires
Je confirme ! Le pire, un
Je confirme ! Le pire, un dimanche au bord du Lac de Neuchâtel... Barbecues à gogo !
Mais à leur décharge, sans être un met gastronomique de choix, le cervelas suisse est meilleur que le cervelas français !
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