Au sortir de Dakar se trouve la grande décharge de Mbeubeuss. Sur plus de 2,5 kilomètres de long et 300 à 500 mètres de large s’entassent les déchets de la ville. Dépourvue de système de recyclage industriel, Dakar a laissé cette tâche à une armée d’habitants des faubourgs. Près de 3 500 personnes vivent autour (certaines à l’intérieur même) de la décharge et y recyclent déchets industriels et ménagers.
Parmi les tôles, morceaux de plastique et autres cigarettes réformées - tous promis à la réutilisation après un petit tour de remise à neuf - des équipes récupèrent et désossent ordinateurs et téléphones portables.
La plupart des ordinateurs sont des machines de seconde main provenant d’Europe. Souvent offertes par des associations, elles ne tiennent plus très longtemps une fois sur place. Même les ordinateurs achetés neuf dans le pays ont une durée de vie considérablement écourtée par les pannes électriques fréquentes à Dakar et synonymes de surtensions.
Les récupérateurs en extraient donc le cuivre, l’aluminium et certains plastiques qu’ils revendent ensuite à des grossistes qui les revendent à leur tour à Dakar.
Les conditions sanitaires et environnementales de récupérations sont loin d’être bonnes. Pour récupérer le cuivre, il faut par exemple brûler le plastique qui l’entoure, sans protection ni masque.
Antonin Sabot, Dakar, novembre 2009
Extrait de http://africascopie.blog.lemonde.fr
Photographie © africascopie.blog.lemonde.fr
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