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Portraits > Le cyber-prêche des Mourides

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Les Mourides sont l’une des principales confréries musulmanes du Sénégal. Fondée à la fin du XIXe siècle par le Cheikh Amadou Bamba à Touba, la confrérie jouit d’une considérable influence économique, politique et sociale dans le pays et en Afrique de l’Ouest. Les “sérignes”, marabouts musulmans faisant office de guides spirituels, sont des personnages respectés et écoutés. Fortement ancrée dans les traditions musulmanes du Sénégal, certains membres de la communauté mouride se sont néanmoins tournés vers le web pour y diffuser leurs préceptes.
 
Le mouridisme a toujours été communautaire par nature, mais s’est adapté aux évolutions de la société. D’abord rurales, organisées en Daara autour d’un marabout, les communautés se sont ensuite transplantées en ville sous forme de Dahira, lieu de rencontre (cf Cahiers d’études africaines ). Aujourd’hui, Internet est l’extension moderne de ces lieux d’échange. La cyber-Dahira est le nouveau lieu de diffusion de la pensée mouride.
 
Serigne Abdoul Aziz MBacké est l’un des descendants du fondateur du mouridisme. Très affable et charismatique, ce trentenaire fait partie de la génération connectée du mouvement. Il est notamment le fondateur de l’un des principaux sites d’informations mourides, Majalis.org. Pour lui, islam et nouvelles technologies ne sont pas incompatibles, bien au contraire. Il l’explique en souriant : “Si notre fondateur Amadou Bamba vivait aujourd’hui, il aurait le Wifi et consulterait Wikipédia.” 
 
Si Serigne Mbacké voit dans le web mouride une utilité religieuse et prosélyte (ce dont il ne se cache pas), il lui donne également une dimension culturelle. Pour lui, la traduction des oeuvres mourides aide à un rééquilibrage de la parole au profit d’une Afrique jusque là bien absente des médias. Dans ce cadre, il a entrepris à Touba la numérisation et la traduction des écrits du Cheikh Amadou Bamba. “L’Afrique a déjà manqué trop de trains. On ne peut pas se permettre de manquer celui-ci. Le tout étant de savoir comment y monter.”
 

Antonin Sabot et Jean Abbiateci, novembre 2009
Extrait de http://africascopie.blog.lemonde.fr
Photographie © http://africascopie.blog.lemonde.fr

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