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Des lieux vus > Tachkent et son métro

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Construite sur le modèle soviétique, la ville de Tachkent s’organise autour de larges boulevards, de grandes places encadrées d’immenses bâtiments, de nombreux parcs impeccablement entretenus. Les superlatifs ne sont pas suffisants, car ici tout est grand et immense! L’avantage de la ville est sa végétation omniprésente : toutes les rues bénéficient de l’ombre de grands peupliers et de la fraîcheur des pelouses généreusement arrosées. La ville est très propre, partout des employées enturbannées jusqu’aux yeux pour se protéger de la poussière, nettoient, balaient, taillent et récurent même les interstices entre les pavés.
 
Le métro est un vrai témoignage de l’air soviétique. En y pénétrant et en descendant les escalators vieillots en bas desquels une gardienne dans un petite cabine au gros téléphone inutile s’ennuie, on a vraiment l’impression de revenir 50 ans en arrière. Construites dans les années 70 les stations sont toutes différentes les unes des autres : les quais sont très larges et longs, les plafonds tout en hauteur, d’immenses colonnes en marbre, en bronze, en verre ou en granit encadrent l’allée, sur les parois des mosaïques ou représentation de personnage illustres ou d’œuvres artistiques dans le style soviétique. Ça donne quelque chose de souvent très sombre et torturé. D’autres, au contraire, sont éclairées par d’imposants lustres au cristal étincelant.
 
Nous avons même le temps de visiter le musée de l’Histoire de l’Ouzbékistan. Très intéressant par ailleurs, si ce n’est le troisième étage consacré à l’actuel président Karimov : véritable propagande qui tourne au ridicule tant celle-ci est grossière. A l’opposé de la quiétude de la ville moderne, nous avons trouvé un peu d’animation au bazar de la vieille ville. Surmonté d’un imposant dôme bleu, il est la lieu d’une effervescence continuelle. Nous déambulons au milieu des étalages de fruits et légumes, puis nous régalons des stands colorés à épices. Dans la partie dédiée au pain et aux confiseries, nous croisons aussi des stands de sucres ; gros morceaux de cristal que l’on casse à coup de marteau. Dans le bazar extérieur, de petits marchands informels fleurissent ici et là. Installée sur un tabouret, une grosse vendeuse a disposé quelques broutilles devant elle : savons, piles, bonbons… D’autres, ayant reconverti de vieilles poussettes en charriots marchands, vendent des beignets de mouton et d’oignon frits. Plus loin, un vieux monsieur aux grosses lunettes carrées s’étant fait une visière contre le soleil d’un papier journal, vend des paquet de mouchoirs. Les marchands attendent le client en croquant inlassablement des pipas dont ils recrachent habilement la coquille. D’autres comptent leurs liasses de billets avec dextérité et rapidité (1 euros équivaut à 2.700 sum, ça fait vite des gros tas de billets!). Un secteur du bazar est dédié à la quincaillerie, un autre à l’habillement et entre deux de petits restaurants où grillent des brochettes de mouton de sur des braseros.
 
Tachkent est finalement une ville très occidentale. En pleine Asie centrale, nous nous sentons comme dans une grande capitale européenne : grands supermarchés à tous les  coins de rue, filles habillées en minijupes, ados à la dernière mode…
 
Héloise à Tashkent, août 2010
http://www.artizenvelo.org
 

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