Attention ! C'est la porte d'un très vieux rêve qu'on s'apprête à ouvrir. Bornéo est pour nous un mythe. Cela fait peur non? Quand on sait ce que deviennent parfois les rêves une fois démasqués... Rêve d'enfance pour l'un, rêve littéraire pour l'autre. Depuis de longues années, cette île nous berce de promesses.
Destination Sarawak, la partie ouest de l'île. Basés dans la ville de Kuching, nous avons rayonné de parcs nationaux en parcs nationaux : Semenggoh, Bako, et Similajau. On a bien compris que la faune ne peut s'approcher que dans ces zones délimitées.
Semenggoh est un centre de réhabilitation d'orangs-outangs. Rien que le mot nous impressionne. Les animaux sont libres, presque pour de vrai. Ils arrivent ici pour réapprendre la liberté dans leur milieu naturel, la jungle. La plupart ont subit des traumatismes et se retrouvent ici (singes confisqués à des braconniers, singes orphelins...). D'autres sont nés ici. Ils sont soignés si besoin et mis à l'abri des chasseurs. Deux fois par jour des fruits sont déposés sur une plate-forme. Ils peuvent venir s'y nourrir. S'ils ne viennent pas c'est bon signe : ils sont capables de répondre seuls à leurs besoins. On ne sait donc jamais si on va les voir ou pas... Ce jour là, sept ou huit singes sont arrivés petit à petit. On retient son souffle lorqu'on entend des craquements de branches s'amplifier et encore plus quand on voit les arbres s'approcher, puis les pelages roux apparaître. Ils sont là. Ils sont tranquilles. Ils semblent être sur une scène de théâtre. Le gros mâle, de dos, va bientôt se retourner. On attend les trois coups... la levée du rideau vert. La mère et l'enfant sont déjà là, et tous les autres. Les spectateurs sont suffisamment tenus à distance pour ne pas les troubler. Les conditions pour les photographier sont très mauvaises, d'autant plus qu'ils sont toujours en mouvement dans un décor plutôt sombre, zébré de lumière violente. Lorsque tout le monde repart, nous restons quelques heures ici pour rencontrer les responsables du parc. On a droit à quelques moments privilégiés avec les singes alors qu'en principe personne ne peut rester ici en dehors des temps de nourrissage. Savourons ces moments, on ne verra pas d'autres orangs-outangs par la suite. Cela nous laisse un petit goût amer : on sait bien qu'on n'observera jamais ces singes en pleine nature. On reste dans un zoo à ciel ouvert. Moindre mal ou fin des haricots? Ceux là sont protégés mais peut-on espérer qu'ils recouvrent un vrai territoire sans frontière? Non.
Bako est le site le plus réputé du Sarawak pour sa richesse animale. On embarque pour une semaine vers ce petit parc en forme de presqu'île qui réunit sept types d'écosystèmes différents : mangroves, forêts, rivières, mer. Des chalets pour dormir, une cantine pour les repas, des chemins de toutes sortes pour s'enfoncer au coeur du parc. Tout va bien. Dès l'arrivée en effet, en bus puis en bateau, c'est un festival. Trois espèces différentes de singes : les macaques, les langurs argentés (petits gnomes au chapeau pointu) incroyablement drôles dans leurs attitudes, et les nasiques, impayables. A Chacun ses spécialités. Les macaques essayent par tous les moyens de chaparder de la nourriture aux personnes qui sont installées sur la terrasse de la cantine ou alors se consacrent à la pêche, les langurs cavalcadent dans les arbres pour se nourrir de fleurs et les nasiques font des bonds sidérants. Ils plongent de branches en branches dans la canopée, glissent le long de troncs et courent dans la mangrove en poussant des cris de trompette. Au fil de nos balades on aura l'occasion de voir d'un peu plus près des créatures de livres d'images. Papillons, oiseaux, gros scorpion, petit serpent vert dangereux si vraiment on le dérange (on l'a laissé bien tranquille enroulé sur sa branche), porcs sauvages, varans, poissons sauteurs... La jungle est effectivement très diversifiée avec des zones arides d'étendues rocheuses et de chemins de sable. Il y a eu la mer ici. Mais toujours, la chaleur humide nous arraisonne de longues heures à l'abri. Ce pays est un cuit-vapeur! Peu à peu, on se rend compte que finalement les animaux ne sont pas si nombreux qu'on imaginait aux premiers instants. Encore une fois, il nous semble avoir traversé ailleurs d'autres endroits grouillants de plus de vie. On a eu beaucoup de mal à voir les oiseaux et papillons qui, si on est discret, sont en principe faciles à observer en se levant très tôt ou à la tombée de la nuit. Il faudrait s'éloigner des chemins, mais c'est impossible dans la jungle.
Le choix du parc national de Similajau nous fait découvrir un lieu singulier, un peu bancale, décalé, et donc très attachant. Une nuit de bus et nous voilà en effet dans un parc quasi vide de touristes, tranquille et bien sympathique pour une semaine au vert. Situé en bord de mer au nord-est de Kuching, il est moins riche en animaux mais en passant du temps on fini toujours par obtenir des récompenses. Au final, point de véritable révélation, mais quelques nouveautés qui suffisent à nous retenir : caméléon, limules, civette... Pour les crocodiles, présents ici, il eut fallu se lancer dans une expédition de nuit.
Texte écrit par Valérie Négrel, juillet 2009
http://www.croquelaterre.com
Photographies © Hervé Drouot. Tous droits réservés
Commentaires
That's really tnhiking out of
That's really tnhiking out of the box. Thanks!
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