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Se déplacer > Circuler dans Beyrouth

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Autant vous le dire tout de suite, je me suis perdue dès le premier virage et plein de fois encore. Ici, pas de nom de rue. Donc difficile de se situer, même avec un plan. On se repère aux bâtiments plus ou moins connus. Pas si simple au début. Aujourd'hui, je me perds beaucoup moins, mais je m'étonne toujours de la façon de conduire des libanais, car pour eux ... tout est possible !
Une telle proposition ne se refuse pas : Patrick me prête gentiment sa voiture pour que je sois enfin autonome dans Beyrouth. Finis les taxis improbables ! Mais je n'avais pas alors vu le ... char de P. !! Dans ma précédente vie, je roulais en Fiat 500 et là je me retrouve au volant d'un Range Rover énorme dernier cri, autant dire un char d'assaut ! Non seulement je n'avais encore aucun repère dans Beyrouth, mais j'allais devoir rouler au volant d'un véhicule surdimensionné et dans une circulation folle et désordonnée.
Le conducteur libanais roule dans la file de droite pour tourner à gauche, en sens interdit quand cela l'arrange, invente une 3ème file voir une 4ème lorsqu'il n'y en a que 2, fait demi-tour là où chacun pense que c'est impossible, s'arrête sans prévenir et j'en oublie certainement. Quant aux scooters innombrables, ils se faufilent partout, même à contre sens dans une rue étroite et encombrée comme sur un grand axe et ne prennent jamais le temps de s'arrêter à un feu rouge. N'oublions pas le piéton assez rare ici puisqu'il n'a d'autre choix que de se lancer au milieu de la circulation pour traverser la moindre avenue. Les passages piétons n'existent pas. Il y en a donc toujours un pour se jeter sous vos roues. Ajoutez à cela le klaxon qui raisonne à tout va dès le moindre encombrement. Et comme ceux-ci sont quasi permanents, je vous laisse imaginer la cacophonie. J'oubliais les camions, omniprésents du fait des chantiers de construction très nombreux, qui s'imposent gentiment
 et derrière lesquels il vaut mieux éviter de rester. Leur chargement généralement instable risquerait au moindre chaos de tomber sur votre capot.

Rien à faire ! Pour survivre, je me suis mise à conduire à la libanaise . On appelle ce style de conduite, la "guess drive". Et ça marche !

 
Marie-Pierre à Beyrouth,
Février 2012
 

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