Passer quelques moments à Umeda, c'est devenu fort agréable et même dépaysant. A Umeda, le rez-de-chaussée et le plein air, c'est bon pour les passants, les voitures et les trains. Au rez de chaussée, dehors, on ne fait que marcher, que passer. Des chemins divers pour fourmis. C'est tellement vrai que même si on se trouve au rez-de-chaussée dans ces allées remplies de petits restaurants, on a l'impression d'être en sous-sol. Les fenêtres sont inexistantes, à ce niveau, la seule chose à voir, c'est le mur d'en face.
Il y a deux ou trois ans, un soir, au même endroit, j'avais pris peur face aux regards grognons de ceux qui, assis au comptoir, dégustaient leur kuchiKatsu avec un peu de saké et des feuilles de chou. Le message ci-dessus prouve t-il que les moeurs changent dans le coin ? Ou bien est-ce la belle exception qui confirme la règle ? Décidément, les messages en anglais au Japon laissent songeur. Dans les restaurants de ces allées, ça rit, ça boit (on est à midi et au Japon pourtant), et le cuisinier fait des blagues aux habitués en remplissant leurs verres d'eau ou lieu d'y mettre du saké. Ca ne rend pas ses plats meilleurs, mais réchauffe un peu tout le monde en ces premiers jours où le froid s'installe sur le Kansai.
J'apprécie, car même s'il n'y a pas de fenêtre, qu'on étouffe dans l'étroitesse des lieux, on est dans le vrai. Bouffe moyenne au prix que ça mérite, mais des rires, des regards entre ceux qui sont au comptoir et ceux qui cuisinent. On sent que dans quelques années, tout aura certainement disparu. Qui pourra se payer des loyers ici quand ils ne seront plus là ? Les immenses bâtiments qui se dressent si vite dans le quartier prouvent que c'est du faux que l'on construit. Les fenêtres qui se collent aux squelettes d'acier amèneront-elles des rires dans les étages ?
Kyoto, 2008
http://lariviereauxcanards.typepad.com
Photographie © La rivière aux canards
Commentaires
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