Awu, la femme d'Obame Afane est amoureuse. Amoureuse de son mari. Elle rêve qu'il la serre fort, fort « à en perdre la souffle ». Mais Obame Afane est resté fidèle à la mémoire de sa première épouse défunte, terre infertile qu'il a aimé au-delà du temps imparti, et qu'il a dû quitter pour une terre fertile. La vie au village suit son cours. Des enfants naissent. Awu s'évertue à distiller au sein de son foyer amour, chaleur et dévouement mais lorsqu'elle traverse la place, Obame Afane ne la regarde jamais dans les yeux, alors elle continue de rêver à l'amour en poursuivant ses ouvrages de broderies qu'elle coud au point de chaînette.
Puis arrive le temps où Obame Afane doit prendre sa retraite d'instituteur. Les honneurs lui sont rendus mais l'argent qu'il doit percevoir de l'Etat ne vient pas tout de suite. Il faut constituer un dossier et cela nécessite plusieurs coûteux voyages en ville. Pour que son mari ne perde pas sa réputation et son rang dans le village, c'est Awu qui, grâce à la vente de ses ouvrages de broderies, pourvoie aux besoins du foyer. Et pour la première fois, Obame Afane sert Awu, très fort contre lui, fort à lui en faire perdre le souffle. Enfin, mari et femme ont un secret à partager et Obame se confie à Awu. Mais au moment où l'amour est permis, la tragédie arrive
« Histoire d'Awu » se lit comme un conte moderne placé sous le signe de la fatalité. La « Masse Nourricière », la « Voix », la « Porte de Vie», etc. sont autant de symboles qui parsèment discrètement le récit, sans toutefois l'alourdir, pour en construire le sens profond. Et l'ensemble est porté par une écriture poétique, tendue et colorée, qui donne à entendre mille et une résonances : cascade de tam-tams ou bruissement de feuilles de bananier ?
Pascaline, Libreville
Avril 2010
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