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En cuisine > Expert de comptoir

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Ou comment commander dans un bar américain sans avoir l’air d’un con. Les deux erreurs principales commises dans un bar américain par les Français de visite ou fraichement arrivés concernent deux piliers de la culture américaine : le whiskey et les cocktails.

Commençons donc par le whiskey : défini injustement par Pierre Desproges comme « le cognac du con », c’est pourtant une eau-de-vie tout aussi riche et complexe que nos spiritueux hexagonaux. Nombre d’Américains ont une préférence naturelle pour le bourbon, mais ils apprécient aussi les whiskies écossais, irlandais et canadiens. L’erreur numéro un du touriste français dans un bar d’outre-Atlantique est de commander « un whisky », sans préciser de marque. C’est un peu l’équivalent blasphématoire d’un Américain qui commanderait « un verre de merlot » dans un café français. Puisque vous êtes aux États-Unis, goûtez-donc au bourbon, et commandez par exemple un Maker’s Mark, un Knob Creek ou un Booker’s « on the rocks » (attention, ces deux derniers sont des alcools à respectivement 50 et 63°). Les bourbons se prêtent aussi très bien à la plupart des cocktails faisant appel à un whiskey.
Si vous préférez un scotch ou un whisky irlandais, optez pour un single malt plutôt que pour un blend, à moins de choisir un assemblage haut-de-gamme.

L’autre erreur fréquemment commise par les Européens en visite n’en est pas vraiment une, mais découle de leur fréquente méconnaissance des cocktails. Aux États-Unis, le cocktail est un élément essentiel de la vie quotidienne, au même titre que le vin ou les liqueurs d’apéritif en France. Certains breuvages comme le cosmopolitan ou l’irish coffee sont connus mondialement, mais d’autres, y compris le martini, ne sont pas toujours bien compris des visiteurs du vieux continent. Voici donc quelques coktails.
 
Manhattan
Bourbon ou whisky de seigle, vermouth et amer
Désormais un rien désuet, le manhattan reste néanmoins une valeur sûre, servi traditionnellement dans un verre à martini. Les puristes insisteront sur un whisky de seigle, mais il peut également être composé d’un autre type de whisky, notamment un bourbon.
Adeptes : les hommes, les vrais.
 
Ramos Fizz
Gin, fleur d’oranger, blanc d’œuf, eau gazéifiée, sucre, jus de citron
Une boisson d’été ou de brunch chic originaire de la Nouvelle-Orléans, quelque peu tombée en désuétude. Pour des raisons d’hygiène, certains établissements n’y ajouteront pas le blanc d’œuf cru qui pourtant est indispensable au fizz (la mousse produite lorsque l’eau gazeuse entre en contact avec le blanc).
Adeptes : gouverneurs de Louisiane et femmes fatales.
 
Sidecar
Cognac, Cointreau et jus de citron
Inventé à Paris au début du XXe siècle, le sidecar est un des grands cocktails classiques, et connaît de nombreuses variantes. Le sidecar est souvent considéré comme le grand-papa du cosmopolitan. Le cognac est souvent remplacé par un brandy, et le Cointreau par un autre triple sec. Une variante, le cable car, utilise du rhum comme eau-de-vie.
Adeptes : vieilles dames de la haute et copines en sortie.
 
Sazerac
Whisky ou cognac, amer et pastis ou Pernod.
Le cocktail néo-orléanais par excellence, remontant au XIXe siècle. Son nom provient sans doute du cognac utilisé à l’origine par son inventeur, mais pourrait également provenir du nom de l’établissement où il a été inventé. De nos jours, le sazerac est généralement fait avec un bourbon et du Pernod.
Adeptes : gentilhommes du Sud et snobs d’ailleurs.
 
Irish Coffee
Café, crème, sucre de canne et whisky irlandais
Sans doute le cocktail san-franciscain par excellence. Découvert à l’aéroport de Shannon, en Irlande, par un journaliste du San Francisco Chronicle, le cocktail fut recréé à partir de 1952 par Jack Koeppler, alors patron du Buena Vista Café de Fisherman’s Wharf. Le propriétaire actuel du café a fait des vagues en novembre 2006 lorsqu’il a remplacé le blend privé que l’établissement commandait pour du Tullamore Dew, un whisky irlandais fabriqué à grande échelle.
Adeptes : touristes frigorifiés, conducteurs de cable cars, oiseaux de nuit.
 
Cosmopolitan
Vodka, Cointreau, jus de canneberge et zeste de citron
Ce coktail, popularisé et modifié par le bartender new-yorkais Toby Cecchini dans les années 80 mais dont il attribue l’origine à une collègue de San Francisco, est servi dans une coupe conique à martini, élégante mais peu pratique à partir du troisième verre.
Adeptes : jeunes femmes citadines et sophistiquées, ou feignant de l’être.
 
Carbomb
Guinness, whisky et Baileys
Le carbomb (voiture piégée), ou Irish carbomb, est un type de boilermaker : un shot de whisky (irlandais de préférence) mélangé dans une chope de Guinness, et immédiatement arrosé d’un shot de Baileys Irish Cream. Une variante consiste à lâcher un shot consistant de moitiés égales de whisky et de Baileys tel quel dans sa bière. Souvent commandé pour relever un défi d’ivrogne, et bu d’un trait.
Adeptes : frat boys, flics déprimés et pompiers fêtards.
 
Godfather
Scotch et amaretto
La virilité simple d’un whisky et d’une liqueur italienne — Disaronno de préférence — en quantités égales. Le godfather est un cocktail encore un peu confidentiel, mais de plus en plus apprécié. Son pendant, le godmother, remplace le scotch par de la vodka.
Adeptes : mafiosi italo-irlandais et citadins branchés.
 
Long Island Iced Tea
Vodka, gin, tequila et rhum
Du triple sec et du cola font parfois aussi partie de ce cocktail au nom trompeur. Même s’il ressemble à un thé glacé, sa composition n’a rien à voir, et ses ingrédients en font un breuvage particulièrement costaud en alcool.
Adeptes : Marge Simpson et victimes de chagrins d’amour.
 
Martini
Gin ou vodka et vermouth blanc
Le martini est une institution américaine, et sans doute le cocktail le plus connu. Plusieurs légendes existent concernant la naissance de ce cocktail, qui n’a rien à voir avec la marque de vermouth italienne du même nom.
La recette est simple : un fond de vermouth blanc mélangé à du gin, agrémenté d’une olive verte. Son cousin proche, la vodka martini, a été popularisé par James Bond, et remplace le gin par de la vodka, et l’olive par un zeste de citron. Il a désormais supplanté l’original en terme de popularité au cours des deux dernières décennies, et nombreux sont ceux qui commandent un martini en s’attendant à la version vodka. Afin d’éviter toute mauvaise surprise, si vous préférez cette dernière variation, précisez-le en commandant une « vodka martini » (ou en nommant votre marque préférée de vodka).
Certains buveurs commandent parfois un « dry martini », signifiant par là une plus petite dose de vermouth, mais la plupart des bartenders ignorent cette requête, puisque de nos jours, la pratique consiste de toutes façon à n’utiliser que très peu de vermouth (environ un volume pour cinq de gin ou de vodka), juste assez pour « rincer » le verre conique dans lequel ce cocktail est servi traditionnellement.
Il connaît de nombreuses variantes : apple martini, chocolate martini, lychee martini, et j’en passe, mais les puristes ne reconnaissent guère que l’original et la vodka martini.
Adeptes : hommes d’affaires, James Bond.
 
Pour autres boissons et vocabulaire de bar voir glossaire complet sur le blog "Des Grenouilles dans la Vallée"
Extrait de http://siliconvalleyfrogs.com/bar-101-soyez-un-expert-de-comptoir/
Photographie © Arnaud H.

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Commentaires

Very valid, pithy, succicnt,

Very valid, pithy, succicnt, and on point. WD.

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