Douglas Kennedy continue de pourfendre le matérialisme et la superficialité de son Amérique natale en s’attaquant au monde d’Hollywood où seule la réussite compte. Dans « Rien ne va plus », David Armitage, après une brève période de galère, connaît vite la gloire avec un scénario d’une série qui passionnera les téléspectateurs. Au firmament, il trouve sa vie de couple insipide et préfère les atours de la belle Sally, étoile montante de Fox. Armé de toutes les apparences de la réussite avec sa belle Porsche, Armitage encaissera des accusations de plagiat admirablement orchestrées, qui le mettront à terre et les portes se refermeront encore plus qu’elles s’étaient ouvertes. D’un mordant implacable et d’une ironie pleine d’humour, Kennedy peint cette société qui se prostitue devant le succès et qui, sans vergogne, pulvérise le moindre nuage qui pourrait assombrir son rutilant paysage de dollars.
Kennedy est un admirable conteur qui parvient à faire rentrer le lecteur dans l’histoire. Malheureusement, quand on a lu plusieurs de ses romans, on connaît trop les ficelles et le schéma : un homme qui monte vite dans l’échelle sociale, puis une descente aux enfers accompagnée de coup bas avant une résurrection. Le suspense, bien maîtrisé, s’envole et on anticipe les événements 100 pages à l’avance. Par ailleurs, l’auteur est tombé dans la caricature avec une jeune arriviste, un courtier grossier qui ne comprend que le langage de l’argent, une femme trompée qui veut se venger. Les rebondissements sont trop « téléphonés » et font perdre de la crédibilité à la construction du récit. Un bon moment de lecture quand même.
Silouane,
http://silouane.blog.lemonde.fr
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