Ça devait arriver : vendredi soir, je suis allé voir mon premier opéra. Sans entonner le refrain sur la transmission du capital culturel chère à Bourdieu, disons simplement que, jusqu'ici, je préférais la lecture et le cinéma à ce genre de choses. Je vais voir fort peu de concerts, très peu musique classique, quasiment pas de jazz... Il faut réserver à l'avance, prévoir...
Pour atténuer le choc, nous avons évité un lieu fermé (il faut s'habiller) et une longueur excessive (Wagner)... Le choix est tombé sur la Bohème de Puccini, 2h, présentée au festival de Wolf trap, en Virginie. Un lieu magnifique, tout de bois et d'herbe.
Nous arrivons deux heures avant le début des festivités et commençons par engouffrer un sandwich sur l'herbe tandis que d'autres ont tout prévu. Nappes à carreaux, poulets, tapas variées... J'observe un jeune couple en pleine discussion... L'endroit idéal pour une "first date".
Mais qu'est-ce que j'entends ? Est-ce un bruit familier ? Mais oui, ce sont bien des bouchons qui sautent de ci-de là. Apparemment, en Virginie, on a le droit de boire en plein air de l'alcool sans dissimuler sa bouteille sous un papier kraft comme à DC et dans le proche Maryland. O terre aimée, ô fontaine de jouvence (on se serait cru au festival de cinéma en plein air de Paris-Villette).
Comme dans pas mal d'endroits ici, c'est "first come, first serve" pour ceux qui n'ont pas de place à l'intérieur. Les habitués de la location de sièges en mousse verts se précipitent. Pour que tout le monde puisse -un peu- voir, les chaises sont regroupées en haut du talus. Consigne, bien évidemment, respectée. Arrive enfin l'ouverture des portes. Nous gagnons rapidement nos places assises (et réservées depuis cinq mois), histoire de profiter de l'ambiance pré-opéra.
Répétition de l'orchestre. Puis silence. Et à l'aide des panneaux traduisant l'italien en anglais, je me suis tout de suite fondu dans l'histoire (triste) de Rodolfo et Mimi. Certes, du Paris des années 1930 (à l'origine, l'opéra est adapté de l'excellent bouquin "Scènes de la vie de bohème" d'Henri Murger) à sa transposition dans le Brooklyn actuel, on a perdu quelques couleurs en route. Certes, les cantatrices et "cantateurs" étaient tous des jeunes gens.
Mais peu me chaulait. C'était beau et enchanteur de les voir jouer, d'écouter leur voix sur les notes vivantes de l'orchestre. Encore sous le charme de ce premier opéra, j'ai couru réserver, sitôt de retour à la maison, des places pour "Le Barbier de Séville" dans un mois et "Porgy and Bess" en mars prochain. Youpi.
Yibus en virginie, août 2009
http://potomacmicmac.blogspot.com
Photographies © Yibus
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