André Masson qualifia la sardane d’une phrase magnifique : « La musique est comme un chant éclatant d’insectes caniculaires. » La danse collective des Catalans est encore vivante. Il n’est pas de dimanche sans sardane sur la place de la cathédrale à Barcelone, et il n’est pas de fête votive sans elle.
Il est un endroit où elle vibre de façon particulière : c’est à Port-Bou, le premier village qu’on trouve après Cerbère, juste après avoir franchi la frontière. Là où Walter Benjamin choisit de se suicider. Sur la Rambla de dimension réduite qui conduit à la crique, les platanes composent un joli couloir d’ombre et, à rester enfermées sous la cloche des frondaisons, les notes de la « cobla » (l’orchestre) roulent sur les bras des danseurs jusqu’au sommet de leurs mains jointes, sans se laisser aspirer par le vent de la mer. Je vois encore ma mère entrer dans cette ronde et danser en espadrilles bleues sur le ciment clair…
Llibert Tarragó
Extrait de l'article publié sur http://tarrago.blog.lemonde.fr
Photographie @ Julien Mignot
http://julienmignot.canalblog.com
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