Église de Ronda (une des capitales de la faïence valencienne, province de Castellon de La Plana) : un citoyen de la ville a dû s’insurger contre la non application dans sa ville de la loi sur l’élimination des symboles franquistes. La peinture noire appliquée à la va-vite, en catimini, tente de recouvrir les deux symboles que le régime avait fait apposer systématiquement à la façade des églises : « José Antonio Primo de Rivera » et la croix avec la mention « caïdos por dios y por España » (« Tombés pour Dieu et pour l’Espagne »).
Josep Maria m’accompagne. « Bueno ! » (”Ouais !” ). Il file. Gêné ? Je me mets dans ses pas. On se tait tous les deux. Je reviens en arrière pour faire la photo. Précisions: Franco est mort le 20 novembre 1975. La Constitution démocratique est entrée en vigueur le 29 décembre 1978.
Les opposants à la loi d’exigence mémorielle (parmi lesquels Felipe Gonzalez, figure du socialisme espagnol) ont parlé de combat d’arrière-garde et souligné que les monuments franquistes font partie de l’héritage espagnol, pour le meilleur et pour le pire ! Cette anecdote de voyage rapidement évoquée m’a incité à rouvrir La mémoire, l’Histoire, l’oubli de Paul Ricoeur (Le Seuil, 690 pages) auquel fait écho Le journal Le Monde du vendredi 22 août 2008. Comment aboutir à la “politique de la juste mémoire” à laquelle aspirait le philosophe ?
Llibert Tarragó
http://tarrago.blog.lemonde.fr
Photographie ©Llibert Tarragó
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