A l'occasion du départ d'un ami, Howeida et Ahmed ont tenu à nous inviter à manger. Nous n'avons pas souvent l'occasion de cette plongée dans l'Égypte « baladi », populaire. Vu leurs difficultés financières actuelles, nous avons commencé par refuser, par leur proposer d'organiser le repas à la maison. Mais rien à faire, il fallait qu'ils nous reçoivent.
Howeida, est la jeune femme qui fait le ménage, le repassage, à manger, garde les enfants quand ils sont malade et à l'occasion emmène mes chaussures à ressemeler. C'est celle sans qui ma vie ici serait beaucoup moins confortable, c'est aussi celle avec qui j'apprends beaucoup de l'Égypte. Et puis, elle a ce visage rieur qu'arborent beaucoup d'Egyptiens, coûte que coûte et quoi qu'il advienne.
Au moment du départ, j'avise mon mari, vêtu d'un pantacourt et d'un tee-shirt. Notre ami et moi avions fait un effort vestimentaire, pantalon long et décolleté acceptable pour les critères locaux. Nous lui conseillons donc tous les deux de revêtir quelque chose de plus adapté à la situation, afin de se fondre dans le décor, de ne pas se faire remarquer, de faire comme s'il était égyptien.
Nous voilà donc partis, tous correctement habillés, malgré la chaleur étouffante de cette fin juin. Howeida nous accueille dans la rue pour nous montrer la belle cage d'escaliers, enfin carrelée. Nous montons et Ahmed nous attend sur le seuil.
Il est beau et très à l'aise dans son pantacourt blanc immaculé, assorti d'un tee-shirt au logo en anglais. Howeida avait dû lui conseiller de revêtir quelque chose de plus adapté à la situation, afin de se fondre dans le décor, de ne pas se faire remarquer, de faire comme s'il était...
Bref, le repas était délicieux, les moments partagés très agréables. Mon mari a eu très très chaud. Et je crois que jamais plus il ne suivra mes avis concernant l'adaptation au pays. Comment ne pas lui donner raison ?
Sandrine, sept. 2009
Le Caire
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