Cet après-midi, au sortir du musée de l'île Eléphantine, "la vielle Assouan", consacré aux objets historiques nubiens, nous refusons de suivre l'homme qui se déclare être "le chef du village", et qui veut nous inviter à prendre le thé. Cela ressemble trop à un attrape touriste.
Alors que nous nous apprêtions à quitter l'île, un épicier nous apostrophe en français. Il aime le français, il veut seulement parler. Qu'à cela ne tienne, parlons ! Nous goûtons alors son thé au bord du Nil, dans un endroit très calme. Alors que nous discutions, il se met à chanter : "il était un petit navire", que nous reprenons en coeur. Je continue par une autre chanson égyptienne "Zahma, ya dounia zahma", qu'il accompagne de suite en tapant des mains, selon l'habitude égyptienne. C'est ensuite à son tour, ainsi de suite.
La nuit est tombée, et nous avons tout notre temps. Notre hôte nous propose de nous promener dans le village, et nous le suivons à travers un dédale de rues qui ressemble à un labyrinthe coloré. Je suis surprise de trouver des maisons bien meublées et très propres, se distinguant des villages de paysans que j'ai déjà visités dans le delta ou en moyenne Égypte. Sur certains murs extérieurs se trouvent des peintures nubiennes d'un goût raffiné.
Parvenus de l'autre côté de l'ile, nous admirons le Nil en silence. Seules les chauves souris nous font sursauter avec le frottement du vent contre leurs ailes. On dirait des cerfs-volants très rapides. Nous sommes comblés, béats devant la majesté de ces lieux si loin du centre ville bruyant.
ClaireOCaire
Assouan, mars 2009
http://www.claireocaire.fr/
Photographie © ClaireOCaire
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