Le jour où j'ai fait rire Howeida. Ce jour-là, elle me ramenait une paire de chaussures, qu'elle avait portée au cordonnier pour refaire le patin des talons, pour la troisième fois en 4 ou 5 mois. Celui-ci, s'adressant à elle en tant que propriétaire, lui a signalé qu'elle marchait trop, que c'était pour cela que les patins ne tenaient pas. Pas à cause de ses compétences, que personne n'avait d'ailleurs, je pense, remises en cause.
Donc elle me fait part de cette remarque, et en profite pour me demander pourquoi je ne prends pas la voiture pour aller travailler. Il y a comme ça, régulièrement, des questions qui surgissent, à l'occasion, dans un sens ou un autre, simple curiosité de sa part ou de la mienne, que nous tentons ensemble d'éclairer.
Donc je lui explique, lexique franco-égyptien en main, que c'est pour la pollution. Et là, grand éclat de rire. L'impression, vraiment, que cette affirmation est d'un comique inégalé. Mais, enfin, moi, toute seule, je laisse la voiture au garage, tout le monde prend la sienne, et je crois vraiment que ça va changer quelque chose à la pollution ?
Heureusement que je n'ai pas eu le courage linguistique d'ajouter que c'était bon pour ma santé musculaire, cardiaque et anti-vieillissement. Je ne sais si ce sont des pleurs de joie que j'aurais déclenchés. Entre ses enfants, mon ménage, mes chaussures à porter à réparer, mes enfants, le ménage de Jean, celui de Julie, et le sien, elle aimerait autant venir au travail en voiture, si elle en avait une !
Sandrine, Le Caire
Mai 2009
Commentaires
Poster un nouveau commentaire