J'étais invitée à participer à la veille d'un mariage d'un cousin de Mina. Je connaissais le cousin en question car il tient un magasin de fournitures informatiques, et que je me fournis chez lui. Me voilà donc partie danser accompagnée de Mahmoud et Mina, car ici, on danse en famille la veille d'un mariage. En fait, en Egypte, toute la famille habite dans la même rue, ou dans le même immeuble. Alors on bloque la rue avec deux camions, on décore avec des ampoules en haut, du sable coloré en bas, on installe une sono, et yalla ! On danse.
L'ambiance est bon enfant, la musique un peu forte (comme d'habitude), les filles ne sont pas voilées (la famille est copte orthodoxe), et on m'observe, on veut me voir danser, moi qui ne sait pas danser. Bon, je me laisse prendre au jeu, je me laisse entrainer et imite tant bien que mal les filles quand soudain, j'entends la voix de Mina derrière moi : "Claire, ça suffit, ça suffit vraiment". Je comprends dans le ton de sa voix que quelque chose ne va pas, je m'éclipse aussitôt.
D'abord, un homme que je ne connaissais pas avait cherché à danser trop longtemps avec moi, ensuite, toutes les têtes des balcons alentour s'étaient penchées pour "voir l'étrangère danser". C'est trop, dans ce quartier populaire de Shubra. Je me tiens donc à l'écart, et assiste au clou du spectacle : le père de la mariée, un vieil homme en galabeya et au turban blanc, saisit sa canne, et se met à danser des danses de Haute Egypte. Son pas lourd est imposant, la danse enchante chacun.
ClaireOCaire
Le Caire, novembre 2008
http://www.claireocaire.fr/
Commentaires
Poster un nouveau commentaire