J'adore vraiment le style de Stéphane Fière. Sans prétention, sans analyse sociologique, juste des mots, des sentiments, et une connaissance profonde de la Chine.Cela sent le vécu, malgré les fautes d'orthographe ça et là dans le récit, le livre ne se lit pas, il se dévore, et place le lecteur dans une tension permanente. Il ne s'agit pas d'un drame, mais bien d'une tragédie. La vraie, celle des Grecs, celle où le destin est plus fort.
Au fur et à mesure du roman, tous les éléments se mettent en place et l'on attend qu'une seule chose, la fin et l'ampleur de la tragédie. Qui ? Comment ? Pourquoi ? Qui a les réponses, nul ne le sait. Comment s'en sortir ? D'ailleurs le peut-on dans cette Chine contemporaine qui a sacrifié ses paysans, notamment lors de l'entrée de la Chine dans l'OMC.
Les personnages sont attachants, on se glisse facilement dans leur peau, on croit à leurs rêves, et surtout on change son regard sur la Chine quotidienne.
Quand on connaît le quartier Xintiandi à Shanghai, quand on vit en Chine et que l'on fréquente les gardiens d'immeubles, les coiffeuses du soir, les ayis, et tous les petits métiers de rue, souvent tenus par des déracinés venus de leur campagne, on est réellement touché par cette histoire. On a beau savoir leur détresse, on a beau deviner leurs souffrances, ce livre bouscule toutes nos idées reçues et nos pseudo croyances.
Si Mao savait...
http://www.simaosavait.com/index.php?q=shangai
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