Bien que la ville soit réputée pour la beauté de ses femmes (!), nous nous y sommes davantage rendus pour y découvrir ses célèbres jardins. Les jardins de SuZhou — tout comme ceux du Japon — s’articulent autour de deux éléments minéraux : l’eau et la roche. Les allées y sont agrémentées de murs et de bâtiments aux toits arrondis contenant des salons sobrement décorés. Bien qu’agencés selon des règles très rigoureuses, ces espaces étaient censés reproduire la nature, tout en la faisant fusionner avec la poésie et la peinture. Aujourd'hui comme hier, ces jardins sont considérés comme de véritables œuvres d’art, favorisant l’éveil, l’émotion ou l’apaisement de l’âme…
Au XIVe siècle, SuZhou était le premier producteur de soie du pays. Alors à la mode, la cité a commencé à attirer des aristocrates, des érudits, des acteurs, des peintres, etc. Parmi toutes ces personnes, certaines y ont fait construire une villa ainsi qu’une promenade, tant et si bien que deux siècles plus tard, on y dénombrait plus de cent jardins! Par la suite, hélas, la rébellion des Taiping, les dominations étrangères successives puis la Révolution culturelle les ont beaucoup dégradés. Cependant, avec le développement du tourisme, un gros effort a été effectué ces trois dernières décennies pour en réhabiliter quelques-uns.
C’est par un temps — au mieux — maussade que nous aurons successivement déambulé dans le Jardin du maître des filets, dans le Pavillon de la vague bleue, dans le Parc de la porte Pan et de la pagode RuiGuang, puis dans le mythique Jardin de la politique des simples. La pluie, les brumes et le calme (sauf dans le dernier, très touristique…) y faisaient souvent flotter des ambiances assez mystérieuses…
Sébenchine
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Photographie © Sébenchine
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