Dans la nuit de samedi 13 à dimanche 14 février, nouvelle lune, ce sera guonianguo nian, passer, l’année. On passera de l’année du buffle à l’année du tigre. La semaine qui suit, c’est exactement comme entre Noël et le Nouvel An, on ne travaille plus, la famille se réunit, on fait la fête avec les amis. Et on décore la maison avec les génies de l’année nouvelle. Le journal rappelle qu’il vaut mieux ne pas se marier dans l’année du tigre, l’époux mourra jeune, et que les enfants nés l’année du tigre auront toujours faim. Et puis il fait froid, la mer a gelé au sud de Tianjin.
Le dieu de la Richesse, qui préside aux fêtes, n’a plus son public (dans la nouvelle galerie sous terre, genre mini-trou-des-halles, à la station de métro Xiaobailou, Petite Maison Blanche). Mais ça n’empêche pas le monde de tourner. A la gare, le grand flot de ceux qui rentrent dans leur famille au village est déja calmé, mais il reste pas mal de voyageurs à la sortie de la salle des billets.
Et c’est la queue des jours de pointe à la grande porte de la gare. Pourquoi la queue ? Chaque bagage est radiographié comme dans un aéroport, mais plus vite heureusement. On s’y est habitué et on attend “de manière civilisée” comme disent les affiches de propagande. Aujourd’hui il y a trois queues. En plus des bagages, tout le monde charrie des sacs de cadeaux. Celui-ci porte un stock de boîtes deshiba jie mahuashiba jie mahua, les mahua de la dix-huitième rue, les gâteaux secs torsadés de Tianjin qui ont une réputation nationale. Il doit avoir beaucoup de gens à visiter.
Pierre Guillemot à Tianjin, février 2010
http://ebolavir.blog.lemonde.fr
Photographie © Pierre Guillemot
Commentaires
Poster un nouveau commentaire