Premier jour, direction parc national de la Mauricie, au cœur des Laurentides, cette chaîne de montagnes qui longe la rive nord du fleuve Saint-Laurent. Objectif : randonnée. Obstacle : deux infos qui nous ont été données à l’entrée du parc. Premièrement, à un certain moment du parcours, il va falloir se déchausser pour traverser un cours d’eau où le niveau de l’eau est trop élevé nous dit-on. Deuxièmement, on nous fait mention d’une corde dont il faudra s’aider pour une traversée quelconque, mais les explications restent vagues. Du coup, notre imagination s’enflamme, et tout le long de la randonnée, nous redoutons l’eau et la corde.
Je m’imagine déjà emportée dans des torrents tumultueux, mes doigts ensanglantés se cramponnant désespérément au récif. La corde, n’en parlons pas, elle m’effraie davantage, moi qui ai le vertige. Je me vois me balancer à son extrémité, comme tarzan, oscillant d’un arbre à un autre, à des centaines de mètres d’altitude, mes mains ensanglantées se cramponnant cette fois à une corde qui s’effiloche en grinçant de manière menaçante.
Pas le temps d’élaborer d’autres tragédies que nous y sommes déjà: l’épreuve tant redoutée est un ruisseau jalonné de rocailles émergeant de 15 cm d’eau. Quant à la corde, elle est tendue au même endroit, d’une rive à l’autre, simplement afin d’aider à la traversée.
La véritable épreuve est plutôt l’assaut des insectes qui profitent de nos pantalons retroussés et de nos bras nus pour nos attaquer. Près de 15 piqûres pour moi, toujours pas désenflées à ce jour, et une, conséquente, pour Caro qui va se retrouver avec deux genoux à la même jambe pendant quelques jours.
À la fin de la randonnée, fatiguées, contentes, boursouflées et affamées, nous reprenons la route pour nous arrêter quelques heures plus tard à un motel en bord de route, à Sainte-Anne de Beaupré.
Dilek, juin 2009
http://pvt-canada.blogspot.com
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