Dans la vidéo sur Plataforma, une banlieue de Salvador, on parle d’un parc où les Babalorishas (chefs spirituels des rites de Candomblé) font des offrandes aux Orishas (les dieux). Un lieu sacré. Je n’ai qu’une envie, découvrir ce lieu. C’est le parc SãoBartolomeu. On me prévient: personne n’y entre sans être accompagné par quelqu’un du quartier. Je râle. Ce parc a la réputation d'être très mal famé, les criminels s’y cachent, d’autres viennent y jeter les corps de leurs victimes… Il ne fallait pas me dire ça, j’ai encore plus envie d’y aller. Et, cerise sur le gâteau, nous irons au parc São Bartolomeu.
Nous ferons d’abord une halte très instructive dans un terreiro (un lieu de culte) d’un Babalorisha. Vous ne savez pas ce qu'est le Candomblé ? Allons au plus simple, cliquons sur Wikipédia. Selon l'encyclopédie, «le Candomblé est un mélange subtil de catholicisme, de rites indigènes et de croyances africaines, cette religion consiste en un culte des "orixas" (prononcé "oricha"), les dieux du candomblé d'origine totémique et familiale, associés chacun d'entre eux à un élément naturel (eau, forêt, feu, éclair,etc.). Se basant sur la croyance de l'existence d'une âme propre à la nature, le candomblé a été introduit au Brésil par les multiples croyances africaines des esclaves issus de la Traite des Noirs entre 1549 et 1888. » Je trouve cette définition assez complète, pour avoir lu quelques essais d'ethnographie de Pierre Verger, LE spécialiste sur le sujet, aujourd'hui disparu mais considéré ici comme un héros national.
Nous arrivons dans une vaste maison vide avec de grandes fenêtres et quelques chaises, par ci par là. On nous dit qu’il n’y a pas de festivités car c’est la semaine sainte. Le babalorisha nous accueille, puis file revêtir son costume blanc de cérémonie. Je trouve qu’il a un air de Kadhafi, mais ça je le garde pour moi.
Il nous montre sa carte professionnelle de sacerdoce afro. Ses contraintes ? Accompagner les personnes en quête spirituelle et prendre soin du terreiro, le lieu de culte donc. Il nous invite à visiter des pièces de la maison destinées aux Orishas. Avant d’entrer dans chaque pièce, il frappe à la porte. Je découvre Oxum, la déesse des eaux et des rivières (ma préférée), Iemanja la déesse des eaux de mer, Xangô, celui de la foudre et de la justice. Et je me dis que j’ai beaucoup à apprendre. J’adore cette sensation. Et c’est avec les bénédictions du babalorishas que nous nous dirigeons vers le fameux parc.
Saran Koly, Salvador
Avril 2009
http://bresil.blogs.liberation.fr
Photographie © Saran Koly
Commentaires
Poster un nouveau commentaire