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Des lieux vus > De Tel-Aviv à Morro de Sao Paulo

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En arrivant à Morro de Sao Paulo, après m'être acquittée de ma taxe d'entrée sur l'île, je pars à la recherche de mes amis. Ils sont hébergés dans la «pousada du rasta», et m'ont confirmé que cette indication était largement suffisante. Je leur fais confiance. Je me dirige vers un jeune homme assis sur les marches d'une petite maison colorée. Je pose des questions en portugais puisque nous sommes au Brésil. Il me répond en espagnol d'Argentine. Pourquoi pas. J'insiste en portugais. Ça continue en argentin, à coups de «vos» et de «sos». Si au moins il répondait à mes questions! Agacée, je décide de parler castillan pour demander mon chemin, et là un gentil monsieur me l'indique... en portugais. Curieuse façon de communiquer...

Comme me l'avait déjà dit Gina lorsqu'on est allé à Boipeba, Morro de Sao Paulo est une île à l'accent touristique prononcé, mais ce n'est pas «Gringolandia» mais plutôt «Sababaland»«Sababa» c'est un peu l'équivalent de «cool» ou encore de «ok» en hébreu. C'est aussi comme ça que les insulaires appellent les Israéliens.
Les vendeurs d'açaï (un fruit originaire d'Amazonie très nutritif) discutent les prix en hébreu et certaines échoppes traduisent l'essentiel du menu. Tout pour le business. En Israël, de nombreux jeunes gens décident après trois ou quatre ans d'ordres et de contraintes pendant leur service militaire, de partir à l'aventure. De longs périples d'un an Amérique latine ou en Asie. 

Mon ami Matan est l'un d'entre eux. Des groupes de 15 à 20 personnes se rencontrent ici et là: Porto Seguro, Morro de Sao Paulo, Arrial d'Ajuda... Ils vont dans des auberges tenues par des Israéliens ou recommandées par un site Internet, qu'ils consultent tous. Soit dit en passant leur fameux site est beaucoup plus pratique et informatif que ce qu'on nous sert sur la Toile française...
Ici, les «sababa» ne se déplacent jamais sans leur paréo (qu'on appelle canga). A une seule condition: qu'il représente le drapeau brésilien. A tel point que l'un des vendeurs, en passant lance, à son ami: «Hey vieux, si tu veux devenir riche, tu vas à Tel Aviv vendre des cangas avec le drapeau du Brésil!»... 
 
Saran koly à Bahia, sept. 2009
http://bresil.blogs.liberation.fr
Photographie © Saran Koly

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