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Des lieux vus > Boipeda

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Nous irons donc à Boipeba. Après quelques heures de voiture de Salvador, nous prenons un petit bateau à moteur pour rejoindre l’île. A quelques mètres de nous, un dauphin fait des galipettes. Elle est loin ma vie de taupe parisienne pressant le pas dans les couloirs de métro nauséabonds. Je me laisse envahir par la brise marine, et profite de la vue.
 
Plages désertes, eaux chaudes et cristallines, l’île se parcoure uniquement à pied. 20 km de plages, mangroves et champs de cocotiers. On ne peut qu’être séduit par ce petit bijou écologique. Nous serons logés dans une auberge aux couleurs chatoyantes à Velha Boipeba, le principal village de l’île. Dans la rue, c’est à celui qui mettra sa musique le plus fort. Les rastas écoutent quelques incontournables de Bob Marley, les puristes, un peu de Bossa Nova, les petites échoppes diffusant tout ce qui passe à la radio. C’est le festival des décibels.
 
En descendant une ruelle pavée, nous découvrons plusieurs générations d’une famille attablée. La mère, que nous appellerons, la Mafiosa (je vous dirais pourquoi) chante des classiques de musique populaire brésilienne pendant que son mari un peu édenté l’accompagne à la guitare. Ils plaisantent, mangent, descendent des litres de bière. Nous nous installons à côté d’eux pour déguster un plat bahianais: la moqueca de camarao com banana da terra (moqueca de crevettes avec des bananes plantain). A base de lait de coco et d’huile de palme, c’est un délice pour les papilles.
 
Pendant le repas, tout le restaurant entonne les chansons du duo de choc. Il m’arrive même de me décoincer un peu et de baragouiner quelques paroles, que je les connaisse ou pas. Par la suite, on découvrira que la Mafiosa est non seulement la propriétaire de ce restaurant, mais aussi de notre auberge. Sans compter toutes les petites baraques qu’elle possède sur l’île. Une vraie femme d’affaire.
 
Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, un petit déjeuner gargantuesque (manioc bouilli, bananes plantain frites, fruits frais, pain, beurre…) nous attend. Nous entamons notre périple en direction de Moreré. Après une heure et demie de marche, nous y voilà. Une carte postale grandeur nature. On peut y déguster des crevettes, langoustes et poissons pêchés quelques heures auparavant. On ne va pas se priver. Deuxième tournée de moqueca, mais cette fois-ci ce sera du crabe à la place des crevettes. Entre deux coups de fourchette, on aperçoit la Mafiosa. Elle vient s’enquérir de ses affaires personnelles. Quand je vous dit qu’elle est partout. On flâne, on mange et on dort. C’est «farnienteland».
 
Sur le chemin du retour vers le village où nous sommes logés, nous faisons une pause dans le petit musée de Cabeludo (le chevelu). Depuis plus de trente ans, ce pêcheur originaire de Boipéba collectionne les os de baleine. Dans les années 50, Otávio Gonçalves Ribeira (de son vrai nom) a sauvé des rescapés d’un accident d’avion sur l’île de Moreré, sa médaille du mérite offerte par l’armée de l’air brésilienne trône entre les os d’animaux marins et les nombreuses photos et coupures de presse qu’il conserve sur les murs de son boui-boui.
 
Saran Koly, Salvador
Avril 2009
http://bresil.blogs.liberation.fr
Photographie © Saran Koly

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Commentaires

And I thuohgt I was the

And I thuohgt I was the sensible one. Thanks for setting me straight.

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