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Birmanie

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Se déplacer > En train

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C’est pour me rendre de Mandalay (deuxième plus grande ville, situé au centre du pays) à Myitkyina (nom illisible qui se dit tout simplement Mitina) au nord que je suis monté dans le train. Un trajet de 18 heures… Au moment d’acheter mon billet dans le petit bureau réservé aux touristes, j’ai été surpris par le prix demandé. Le ticket le moins cher était de 35 $ ! Ce prix me paraissait vraiment très élevé. J’ai très envie de voyager au côté de la population locale. Je quitte quelques instants le bureau, juste le temps pour moi, d’aller faire un tour sur les quais de la gare et d’analyser un train. Ils sont composés d’une douzaine de wagons dont deux portant la dénomination « upper » ou « sleeper ». Les 10 autres sont des wagons normaux avec des bancs en bois numérotés. De retour dans le bureau, je demande le prix des places sur les bancs en bois… Evidemment, c’est beaucoup moins cher… Le train est l’unique possibilité pour les locaux de se rendre dans cette région. Le prix du ticket est à présent trois fois moins cher ! « C’est bon, je prends une place ! »… Les autorités refusent généralement de vendre ces places aux touristes… J’ai eu le droit à un petit interrogatoire …
 

Le train, tiré par une locomotive à gazole, est l’unique lien avec le nord du pays. Pendant la saison des pluies, il est également possible de prendre le bateau, mais le voyage est beaucoup plus long… Plusieurs jours de navigation et une incertitude liée aux nombres de bancs de sable qui barreront la route ! Contrairement à la troisième classe indienne, en Birmanie, les places sont numérotées. Le wagon est plein, mais n’est donc pas surpeuplé. Tout le monde est assis. En tête du wagon, étaient installés huit militaires armés et habillés d’un uniforme des plus modernes. Ils suivront les contrôleurs qui effectuent leur travail avec une rigueur impressionnante… Difficile de voyager sans ticket !vCertains ont essayé… en voyageant sur le toit ! Mais, même là, ils se sont vu refouler quand un militaire est monté à son tour… En effet, les voyageurs « clandestins » se sont fait trahir par le soleil couchant qui dessinait leurs silhouettes sur les rizières jaunissantes…
 
A mon grand regret, je suis la curiosité principale de ce wagon… Je sens les regards, nombreux, posés sur moi, alors que je suis entrain de contempler la sortie de Mandalay, rythmée par le nombre impressionnant de pagodes. On dirait même qu’elles ont poussé d’elles-mêmes, sorties du sol, ce qui serait une explication à leur forme atypique ! Elles ressemblent aux Stupas tibétaines avec un « dôme » toujours doré.
 
À l’intérieur du wagon, les gens me regardent d’un air curieux, avec des yeux emplis de sympathies. C’est une sensation très agréable. Cette scène dure plusieurs heures ou seul les yeux communiquent. Personne dans ce wagon ne parle anglais… Je connais cette situation et je sais que seul un évènement peu briser la glace… Cet évènement se produisit enfin ! Le couloir est le trajet des nombreux équilibristes-vendeurs qui se succèdent les uns aux autres pour vendre journaux, cigarettes et bétel (« pan »), fruits, bric à bracs, bouteilles en tout genre (eau mais aussi bière, whisky, vin local,…), etc. Vers 18 h, la faim me rattrape et j’interpelle l’un de ces vendeurs portant un panier en osier rempli de barquettes. Ce dernier, essaye de me demander ce que je veux : poulet, mouton ou poisson ? Nous débutons alors une séance de mime qui fait éclater de rire l’intégralité du wagon ! Tout le monde se met à imiter la poule, totalement hilare ! Ça y est, l’atmosphère a changé.
 
Ce qui est frappant, c’est la bonhommie de la population Birmane. En toute circonstance, ils ont l’air heureux. J’ai rarement vu une population aussi accueillante et souriante ! Et le contraste avec les huit militaires du wagon est stupéfiant ! Eux, ont l’air sévères, rudes… Et à chaque fois qu’ils arpentent le couloir, l’expression des gens disparait et leurs regards fuient dans une autre direction…
 
Le train s’arrête à de nombreuses reprises. La plus part du temps au beau milieu de la campagne… aucune gare à l’horizon ! Mais aussi surprenant que ce soit, à chaque fois, c’est une foule qui l’attend ! Presque personne ne monte ou ne descend, en revanche, tout le monde fait son commerce. En effet, ce sont des vendeurs qui proposent des produits de la région, principalement agricoles. Le train est alors envahi par les hurlements et l’agitation générale. Les achats et les ventes doivent se faire en moins de 5 minutes, puis le train repartira jusqu’au prochain arrêt ! 
 
En fait, il n’y a qu’une seule voie tout le long du trajet. Les trains ne peuvent donc se croiser. Ils s’arrêtent alors à des endroits spécifiques ou une voie double a été installée et attendent que leurs vis-à-vis arrivent. La population locale, connaissant très bien ces habitudes, en profite pour venir vendre aux voyageurs ses produits du terroir. Et au fil du temps, un vrai commerce s’est initié, les voyageurs apportant eux aussi des produits à vendre à ces populations éloignées !
 
La nuit à cette période de l’année tombe relativement tôt. Dès 20.00, tout le monde se prépare. Les nuits sont très fraiches dans cette partie du pays, chacun sort donc sa couverture… Et puis, c’est le branle bas de combat ! Les bancs en bois étant vraiment trop inconfortable, l’un des deux occupants de chaque banc doit prendre son courage à deux mains et s’allonger à même le sol. Pour ma part, avant même que j’eu le temps de prendre une quelconque initiative, mon voisin, un vieil homme, se met aussitôt par terre. Nous avions eu, tous les deux, une grande complicité depuis que nous partagions ce banc. Chacun notre tour, nous nous échangions des politesses bienveillantes témoignant ainsi notre sympathie ! Mais vraiment, cet homme dégageait la bonté et son corps, une vie bien courageuse ! Mes protestations pour qu’il reste sur le banc furent rejeter d’un mouvement de main bien sec… J’aurais pourtant aimé m’allonger par terre et pouvoir ainsi étendre mes jambes. Sous le banc, accroché à mon sac, se trouve mon tapis de sol. Je le sors donc et l’offre à ce vieil homme qui d’abord intrigué fut ensuite ravi !
 
C’est vers 10.30 que nous sommes arrivés à destination. Sans retard donc. Ce fut très intéressant d’effectuer ce voyage. Je suis fatigué mais ravi !
 
Ben à Mandalay, décembre 2009
http://www.web-reporter.net
Photographie © Ben

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